26 témoignages

Anthony CAMBLAN

Business development/Directeur d’offres
Naval Group

Parlez-nous de votre parcours militaire :

Ancien officier navigant de l'Aéronautique navale avec une forte expérience opérationnelle à des postes de direction et d'expertise.

Aujourd'hui, en charge de développer le secteur des systèmes de mission/combat aéroportés en France et à l'export au sein de mon entreprise.

Comment s'est déroulée votre transition?

Bilan de compétences
Maitrise des outils de communications (Linkedin, CV, LM)
Divers ateliers (préparation aux entretiens, confiance en soi…)
Entretiens réguliers avec mes conseillers

Quels sont vos conseils pour les candidats ?

Un ex-militaire possède des qualités et valeurs très recherchées dans le monde de l'entreprise. Il est important d'en prendre conscience et essentiel de savoir adapter ses compétences et son langage au monde civil.

Le réseau est primordial pour bâtir sa "carte de visite", se rendre visible pour saisir les opportunités d'emploi et ainsi atteindre le marché caché.

David Perrot

Directeur de marché Défense et sécurité
Ausy

Parlez-nous de votre parcours militaire :

Au terme de 28 années de carrière comme officier breveté, après deux temps forts à la tête d'une école de 700 hommes et femmes et une affectation en administration centrale à Balard, j'ai décidé de quitter l'institution pour diverses raisons et avec la volonté de réaliser une vraie deuxième partie de carrière.

Je suis aujourd'hui directeur de marché au sein d'une société de type ESN, en charge plus particulièrement de la stratégie commerciale dans le secteur de mon marché (Défense et sécurité) et de la coordination des responsables grands comptes qui y sont rattachés.

Comment s'est déroulée votre transition?​

Ma transition professionnelle s'est déroulée en plusieurs étapes :
- une phase passive de murissement intellectuel de 3-4 ans, où je réfléchissais à l'après temps de commandement.
- une phase active de bascule intellectuelle quand au départ de l'institution, avec une volonté d'échanger avec franchise avec le commandement et le gestionnaire, qui n'ont pas été à la hauteur de mes attentes.
- une décision de départ aidé me donnant une date de départ effectif ( à échéance de 9 mois).
- une acquisition de méthodologie, avec notamment la MRO, où j'ai décliné un plan d'action et m'y suis tenu.
- une phase active de réseautage.
- une phase active d'entretiens d'embauche, suite à la lecture d'une annonce sur un site.
- une phase de préparation intellectuelle à mon embauche... au cours de laquelle j'aurai aimé suivre une formation adaptée, coachée par la MRO.

Quels sont vos conseils pour les candidats ?

Il est important de rechercher un travail après avoir intellectuellement fait la bascule du départ de l'institution.

Il est important de dérouler un plan d'action, bâtie sur une méthodologie avérée et adaptée à sa personnalité.

Il est important de venir aux entretiens d'embauche en ayant très bien préparé ses entretiens (savoir pourquoi la société recherche un candidat, ce qui permettra de comprendre les attendus du poste et de pouvoir 'se vendre' en illustrant que l'on apportera ces attendus, ce qui témoignera en plus que l'on a pris de la hauteur face au poste et que l'on ne candidate pas au hasard dans cette société).

Hugues PÉGUET

Responsable commercial grand compte Défense
Hugues PÉGUET

Parlez-nous de votre parcours militaire :

Officier des forces, sur les bâtiments de surface, dans les opérations navales, secteur de la détection et des systèmes de combat.

Puis officier de programmes/de marque dans le monde des opérations d'armement : guerre électronique, FREMM (système de combat, cyber, aviation, propulsion), spatial (SATCOM).

Désormais, responsable commercial pour la Défense FR, sur les produits de guerre électronique.

Comment s'est déroulée votre transition?

Tout d'abord, il faut décider de vouloir partir.

Ensuite, rassembler ses esprits : qui suis-je, que veux-je, en quoi suis-je performant (d'où le bilan de compétences)?

Enfin, se plonger dans les recherches ; entretiens réseaux d'abord, puis entretien(s) d'embauche, avec utilisations à bon escient des outils proposés (CV, LinkedIn, pitches, forums...).

Quels sont vos conseils pour les candidats ?

Tout réside dans la décision de prendre un nouvel envol, puis dans la conviction de poursuivre le nouvel objectif que l'on se définit.

Cela se traduit par un regard honnête et bienveillant sur son parcours, et par la définition de ses nouvelles finalités professionnelles, via la mise en avant de ses compétences.

Nicolas TAMIC

Adjoint au directeur – Responsable Opérations – Cedre

Parlez-nous de votre parcours militaire :

22 ans au sein de la marine nationale dont 3 années passées en interministériel au sein de l'Action de l’État en Mer aux Antilles et 3 années affecté à l'état-major de la force des fusiliers marins et des commandos.

Je suis actuellement responsable des opérations et directeur adjoint au sein du Cedre, organisme de lutte contre les pollutions accidentelles des eaux. A ce titre, j'interviens très souvent au profit des autorités étatiques françaises et notamment les préfets maritimes.

Mon cursus d'ancien marin et mon cursus spécialisé en gestion de crise me permettent de faire face à mes nouvelles fonctions sans difficulté.

Comment s'est déroulée votre transition?

Ma transition professionnelle a été très précipitée. A l'issue de la session d'information et d'orientation, mon accompagnatrice m'a communiqué une offre d'emploi à laquelle j'ai immédiatement répondu.

J'ai très rapidement été sélectionné pour l'entretien final que j'ai préparé avec mon accompagnatrice qui s'est montré très disponible et réactive.

Cette sélection rapide explique pourquoi je n'ai pas suivi le cursus habituel de transition professionnelle.

Quels sont vos conseils pour les candidats ?

Il est important de sortir de sa peau de militaire et de traduire son cursus en termes compréhensibles par les recruteurs. Le candidat doit être persuasif et se montrer capable de prouver ses réussites et d'expliquer les raisons d'éventuels échecs.

L'entretien de recrutement doit faire l'objet d'une préparation soigneuse qui peut prendre utilement appui sur une carte mentale. Le fait d'invoquer l'existence du mécanisme de la période d'adaptation en entreprise est un atout intéressant pour faire pencher la balance en sa faveur lors du recrutement.

Parler en vérité et simplement ont été des éléments qui ont contribué à mon recrutement.

Cedric HERITIER

Auditeur à l’Inspection Générale des Services
Ville de Marseille

Parlez-nous de votre parcours militaire :

Ancien commissaire des armées d'ancrage armée de Terre, j'ai servi en régiments en direction administrative et financière, en opex, en groupement de soutien de base de défense et en administration centrale à Balard, dans le domaine des finances.

J'ai quitté les Armées au grade de commissaire principal (commandant) et j'ai rejoint la Ville de Marseille en tant qu'auditeur au sein de l'Inspection générale des Services, au grade d'administrateur territorial.

J'y réalise des missions d'audit interne et je participe au dispositif global de maîtrise des risques par le biais des rapports rendus et des enquêtes administratives conduites.

Comment s'est déroulée votre transition ?

J'ai été actif dans ma recherche de contacts professionnels avec le milieu cible via des évènementiels dédiés (forums, salons, etc…), des messages via LinkedIn auprès de recruteurs potentiels (responsables territoriaux locaux) ou d'anciens déjà reconvertis et par la mise à jour de mes connaissances du secteur (consultation de la presse spécialisée, des blogs et sites internet dédiés, des formations en ligne gratuite – MOOC). Je n'ai pas hésité à solliciter des personnes en fonction pour leur faire part de mon intérêt pour le domaine et pour demander les grands enjeux du moment.

Enfin, j'ai pris garde de valoriser les 'clichés' positifs liés au monde militaire tout en montrant que j'étais conscient des 'limites' ou aspects potentiellement 'négatifs'.

Mon CV, mon discours, mes lettres de motivation ont toujours été produits en voulant donner l'impression de faire déjà partie du milieu cible, tout en me distinguant par mon parcours et la force des valeurs qui m'animaient.

Quels sont vos conseils pour les candidats ?

Deux enseignements principaux :

Le premier est qu'au-delà de l'indispensable motivation qui doit indiscutablement ressortir de la part d'un candidat, il faut que son projet professionnel soit cohérent et réaliste… aux yeux de celui à qui il l'expose pour un recrutement! On peut rêver, mais ce doit être un rêve à au moins deux places et qui doit donner envie d'embarquer.

Le deuxième est que sorti des Armées, on doit prendre en main son parcours professionnel, en étant parfois bien accompagné, mais plus rarement sur un chemin balisé. Cette 'liberté'; est une formidable opportunité mais qui vient avec son corollaire : les choix de parcours tout au long de la carrière. Plus nombreux, plus risqués et moins évidents car plus incertains. Il faut en avoir conscience.

Jean-Christophe Pigeau

Dirigeant et intervenant – J-Ch Formation

Parlez-nous de votre parcours militaire :

Ancien officier marinier (sous-officier pour les non marins), j'avais tenu des emplois dans la formation en tant que formateur, puis de formateur de formateurs.
Devenu officier, j'ai tenu des postes de cadre dans la formation :
Responsable de la formation des cuisiniers des armées et de la gendarmerie à l'école des fourriers de Querqueville pendant 3 ans.
Commandant des écoles des matelots et des mousses à Cherbourg pendant 2 ans.

Comment s'est déroulée votre transition?​

Un peu déçu de la dernière affectation que le gestionnaire pourrait m'attribuer, j'ai décidé de quitter la marine.
Dès la première année, sentant que quelque chose n'allait pas, j'ai participé à "CAP2C" au siège du MEDEF à Paris, organisé par des associations de militaires. C'était la première étape et j'en suis ressorti convaincu que je pouvais moi aussi rebondir, avec une crainte cependant : j'avais déjà 56 ans, ce qui me semblait un handicap compte tenu de l'âge que j'avais pu estimer chez les autres participants.
En octobre 2020, j'ai sauté le pas et me suis engagé dans la reconversion. J'ai bénéficié d'un suivi en visio en raison de la COVID, depuis la SIO jusqu'à l'atteinte de mon objectif, avec un suivi attentionné de la part de ma conseillère en transition professionnelle. Elle a su m'orienter vers les ateliers dont j'avais besoin, en me laissant de l'autonomie dans mes démarches tout en assurant une supervision bienveillante. En suivant ses conseils, avec 3 CV, j'ai décroché 3 entretiens de recrutement malgré mes 57 ans... presque 58.
Ce qui, avec le recul, me semble essentiel est la rigueur dans la méthode et un peu de souplesse quant à l'objectif à atteindre.

Quels sont vos conseils pour les candidats ?

Les intervenants que j'ai pu rencontrer dans mon parcours de transition professionnelle ont tous été unanimes :
1°- c'est par le réseau que l'on décroche un emploi ;
2° - il ne faut pas laisser passer le train.
C'est effectivement ce qui s'est passé pour moi.
J'ai pour cela dû revoir une partie de mon projet en cours de route mais de mon cahier de charges d'origine, j'ai conservé le bassin d'emploi et le domaine professionnel, deux critères significatifs dans mon cas. J'ai pour cela renoncé aux responsabilités que j'ai échangé contre du temps pour moi et ma famille.
Du point de vue de la rémunération, en qualité de vacataire dans un centre de formation, j'estime être très correctement rémunéré par rapport au temps libre que me procure ma nouvelle activité. Je suis même en position de négocier lorsque les besoins en formation sont pressants pour le centre.

Eddy CORNEIL

manager de transition – Valumen

Parlez-nous de votre parcours militaire :

J'ai servi pendant 35 ans dans l’armée de terre. Engagé en 1984 en qualité de sous-officier à l’ENSOA, j'ai intégré le corps des officiers des Troupes de Marine en 1990 après 2 ans à l’EMIA. J'ai ensuite consacré près de 20 ans à la logistique opérationnelle avant de quitter le service actif en 2019 avec le grade de LCL. Mes deux affectations les plus marquantes ont été chef de BML au RSMA de Martinique au service de la réinsertion de jeunes volontaires à la "dérive" sociale et chef de BML au 2° RIMa à Auvours au sein d'un régiment de combat avec un enchainement de mission intense.
Après un passage de 6 mois (juin à novembre 2019) comme manager opérationnel sur une plateforme de distribution Amazon, j'ai dirigé, du 15 juin 2020 au 30 juin 2021, la cellule logistique de Santé publique France que j'ai mise sur pieds initialement pour la distribution des équipements de protection individuels pour le personnel soignant au niveau national. Dans un deuxième temps, elle a géré la distribution des vaccins anti COVID-19.
Je suis actuellement en "intermission" dont j'ai pleinement profité pour me reposer et me former. J'ai une VAE Management d'unité fonctionnelle et opérationnelle (niv 7 au RNCP) et une certification chef de projet en cours. Des entretiens sont également en cours pour des missions à venir.

Comment s'est déroulée votre transition?​

Mon cursus de transition professionnelle a suivi le plan établi par la MRO. A mes yeux les ateliers et les outils proposés sont bien pensés, bien placés et laisse un part d'initiative conséquente au candidat à la reconversion. L'étape indispensable est d'apprendre "à se vendre" et en cela les ateliers sur le CV, la lettre de motivation et l'usage des réseaux sociaux (notamment LinkedIn) est primordial.

Quels sont vos conseils pour les candidats ?

1- Anticipation : c'est ce qui permet de se mettre dans le bon état d'esprit pour réussir sa reconversion plutôt que de la subir . J'ai pensé à ma reconversion 2 ans avant la date que je m'étais fixée et finalement les choses ont été plus vite que prévu et j'étais prêt !

2- Curiosité et ouverture d'esprit : Il y a tellement de choses que l'on ne sait pas et tant de postes que l'on n'imagine pas ! Mon poste à Santé publique France n'existait pas, c'est la crise COVID-19 qui l'a créé et j'étais au bon endroit au bon moment !

3- Confiance : on entend que le civil n'attend pas après les militaires, certes mais c'est vrai pour toutes les personnes qui cherchent du boulot ! Nous avons des savoir être indéniables qui font cruellement défaut dans le milieu civil. De ce fait même si vous n'avez pas le profil parfait sur le plan technique, vous avez des chances d'obtenir le poste sur vos qualités humaines

4- Patience : C'est une course de fond et non un sprint. Les résultats ne sont pas toujours au rendez-vous là où on les attendaient mais ça finit par marcher à un moment où un autre !

Stéphane Marhadour

Responsable de programme cybersécurité – Crédit Agricole SA

Parlez-nous de votre parcours militaire :

Sous-officier puis officier et enfin commissaire des armées j'ai pu progresser dans l'armée de l'air grâce aux concours et à mon travail.

J'ai notamment été conseiller en stratégie à la DGNUM où j'ai décliné la politique SIC du ministre pour les SIAG.
J'ai aussi été DSI du commissariat des armées et contribué à la création de ce service.

Aujourd'hui je dirige des programmes de cybersécurité pour faire face aux cyberattaques contre les banques.

Comment s'est déroulée votre transition?​

J'ai effectué une démarche réseau et recueilli des adresses mail des personnes que j'ai sollicitées,c'est par ce biais que j'ai réussi à intégrer le groupe Crédit Agricole après 9 mois de rapprochement.

Je n'ai pas rencontré de difficultés à m'adapter au milieu privé,j'avais notamment rencontré 2 réservistes citoyens Entreprise qui m'ont bien aidé.

Quels sont vos conseils pour les candidats ?

Il faut persévérer, savoir ce que l'on veut, rencontrer beaucoup de gens, oser. Le militaire n'est pas forcément attendu et son métier est mal connu, il y a beaucoup d'idées reçues et nous sommes tous vus comme étant des commandos ou des légionnaires 🙂

Peu de gens connaissent nos métiers, nos valeurs, nos compétences. Il faut présenter des résultats concrets et savoir apparentée son expérience à des métiers civils. Le recruteur souhaite être rassuré et prendre le moins de risques possible.
Bien se renseigner sur les niveaux de salaire et de responsabilité.

Philippe de STABENRATH

Agent commercial indépendant immobilier
INNOVE-IMMO

Parlez-nous de votre parcours militaire :

Carrière essentiellement opérationnelle. Cavalier puis fantassin après l'EMIA, 18 années en régiment puis des postes de conduite ou de planification en état-major (brigade, ALINDIEN [embarqué puis Abou Dhabi], CENTAC, EMF2 Nantes, EUROCORPS. Un passage POL/MIL à Bruxelles et mon dernier poste à la doctrine (commandement et contrôle).

Comment s'est déroulée votre transition?​

Une transition compliquée et contrariée. Orientation initiale totalement différente puis problème COVID...Finalement une bascule sur un changement de braquet en cours de route. Nécessité de faire du réseau, d'être en bonne forme physique et d'avoir le temps de se reformer.

Quels sont vos conseils pour les candidats ?

Si je devais recommencer je m'y prendrais bien plus longtemps à l'avance en m'assurant une formation utile pour la reconversion.

Michal NOWAKOWSKI

Directeur d’Hôpital – DRH
FPH – CH Alès-Cévennes

Parlez-nous de votre parcours militaire :

Officier semi-direct (armée de terre), j'ai eu un carrière orientée dans la logistique opérationnelle, puis dans la politique ressource humaine au niveau ministériel.

Recruté dans le corps des directeurs d'hôpital, j'exerce aujourd'hui les fonctions de DRH d'un centre hospitalier de près de 2000ETP pour un budget salarial de plus de 80M€.

Comment s'est déroulée votre transition?​

Occuper le terrain, et apprendre à se vendre dans le cadre d'un projet réaliste et réalisable.
En effet, la démarche de transition ne se fait pas face à une feuille blanche ou un écran, il est indispensable d'occuper de terrain, autant par la démarche réseau, que par la découverte de secteurs différents. Nous ne sommes pas attendus, et ce qui semble évident pour nous, ne l'est pas pour tout le monde. Il convient donc de maîtriser les codes du secteur dans lequel on souhaite évoluer, et à 'apprendre à se vendre'.

Quels sont vos conseils pour les candidats ?

Se remettre en question est indispensable, si les compétences militaires sont transposables au monde civil, envisager un simple copier-coller est une erreur.

Il faut maîtriser le savoir-être, mais également les attendus... et parfois se montrer persévérant.

Laurent Bastide

Chef de mission transformation numérique
Direction du numérique des Ministères sociaux (DNUM)

Parlez-nous de votre parcours militaire :

Parcours original pour un officier communication dans l'armée de Terre, et qui s'est progressivement formé et a œuvré dans le digital, puis plus précisément dans la data.

Cette expérience significative et des formations dans le domaine acquises durant ma carrière m'ont permis, à l'occasion de ma transition, d'intégrer une direction du numérique d'un grand ministère, dans un poste à responsabilité.

Comment s'est déroulée votre transition?​

J'ai suivi toutes les étapes clés de la transition. La formation dite SOCA a été un moment décisif pour aborder le marché du travail.

Cette formation permet certes d'apercevoir la montagne, mais donne les outils pour l'escalader. Le soutien de mon conseiller a également été primordial pour aborder les phases de candidature puis d'entretien.

Quels sont vos conseils pour les candidats ?

La préparation technique est très importante. Mais c'est aussi et avant tout une préparation psychologique et personnelle dans laquelle il faut entrer. Certes, les qualités de l'officier le rendent adaptable et capable de bien s'insérer dans un nouvel environnement.

Mais la qualité professionnelle d'une personne s'établit aussi du fait de son acculturation dans son domaine d'emploi. Le 'déracinement' que représente un nouvel emploi, et le changement, parfois total, de références, est dans tous les cas déstabilisant. Surtout pour un officier supérieur parvenu à 'l'acmé' de son parcours militaire.

Bruno REGNIER

direction administrative et financière
Province dominicaine de France

Parlez-nous de votre parcours militaire :

Commissaire des armées j'ai effectué une carrière classique dans l'armée de l'air puis le commissariat des armées sur base aérienne, en direction régionale et en centrale. J'ai été commandant du groupement de soutien de la base de défense de Bourges Avord et me suis investi en direction centrale du commissariat des armées en fin de carrière.

Comment s'est déroulée votre transition?​

La MRO m'a permis de bien cibler le domaine dans lequel je souhaitais me reconvertir, disposer des clés pour expliciter en milieu civil mes compétences, rencontrer mes alter ego et obtenir rapidement le poste recherché.

Quels sont vos conseils pour les candidats ?

J'insisterai sur l'employabilité des commissaires, sur l'importance de la transposition des compétences, sur le savoir être. Ce qui a été pour moi fondamental a été la rencontre d'une dizaine d'économes diocésains qui m'ont donnés les clés pour être pertinent lors des entretiens de recrutement.

Stéphane SAZERAT

Global Account Manager
thyssenkrupp Aerospace

Parlez-nous de votre parcours militaire :

Après une carrière militaire dans l'ALAT en tant que pilote et ingénieur naviguant d'essai comprenant deux temps forts, un détachement de 4 ans au Koweït auprès de la société Defense Conseil International (DCI) et une période en administration centrale comme responsable de cohérence du maintien en condition opération aéronautique, j'ai choisi de quitter l'armée pour me redonnner de la visibilité et pouvoir évoluer plus librement que selon les critères fixés par la DRH de mon armée.
J'occupe à ce jour la fonction de Global Account Manager, après avoir commencé comme Key Account Manager, avec déjà de belles perspectives d'évolution (programme Senior Management Talent).

Comment s'est déroulée votre transition?​

J'ai suivi le parcours complet proposé par la MRO: bilan de compétence, rédaction de CV et LM, préparations aux entretiens en français ou en anglais, activation du réseau, atelier LinkedIn, etc.

Quels sont vos conseils pour les candidats ?

2 conseils:
- suivre ceux de votre coach
- les enterprises sont à la recherche de profiles d'anciens militaires pour de multiples postes. Nos points forts reconnus par les entreprises: capacité de travail, résilience, capacité d'adaptation, force de proposition, communication écrite et orale irréprochable, esprit de synthèse, compréhension des enjeux, méthode (gestion de projet, plan d'actions, etc.)

Wilson JAURES

Directeur operationnel
Artelia/PCSI

Parlez-nous de votre parcours militaire :

Sous-officier en FFA (Villengen) pendant plus de 4 ans puis officier à la Brigade de sapeurs-pompiers de Paris pendant 21 ans à l'issue de l'EMIA, j'ai servi en unité d'incendie, au bureau de prévention et au bureau budget de cette dernière institution.
Je suis actuellement directeur du bureau d'études techniques en sécurité incendie PCSI groupe Artelia.

Comment s'est déroulée votre transition?​

La transition s'est globalement bien déroulée.

Quels sont vos conseils pour les candidats ?

La management de collaborateurs nécessitent une écoute importante pour conserver ses équipes.

Anthony Camblan

Directeur/Responsable offre
Naval Group

Parlez-nous de votre parcours militaire :

- Parcours de sous-officier puis d'officier de marine navigant en unité opérationnelle; Expert opérationnel auprès des industriels sur des programmes aéronautiques

- Chargé du business development des systèmes de combat aéroportés chez Naval Group

Comment s'est déroulée votre transition?​

- Suivi de formations spécifiques (réseau / bilan de compétences / préparation entretien / atelier CV-LM...)
- Entretiens réseau, mise en relation, connaissance du milieu industriel
- Accompagnement avec mon référent MRO

Quels sont vos conseils pour les candidats ?

Construire son réseau via Linkedin
Multiplier les contacts ciblés et les entretiens (physique si possible)
Effectuer un bilan de compétences

Sébastien CABIROL

Secrétaire général
RSM FRANCE

Parlez-nous de votre parcours militaire :

Engagé comme sous-officier météorologue (1er RHC) puis officier logisticien (13e DBLE).
Je suis actuellement secrétaire général pour la région Rhône-Alpes d'un grand groupe international.

Comment s'est déroulée votre transition?​

Se préparer intellectuellement à faire la bascule.
Faire le deuil de sa vocation militaire.
Faire preuve de rigueur et respecter le plan que l'on s'est fixé en restant lucide et capable de réorganisation/réorientation.
LinkedIn est un vrai outil de promotion et de recherche. Ce n'est pas un réseau social. Il faut démilitariser au max et ne pas hésiter à sortir de sa zone de confort en recherchant en dehors de son écosystème.

Quels sont vos conseils pour les candidats ?

Qui ose gagne !
Ne pas se surestimer mais surtout ne pas se sous-estimer.
Attention, le monde civil ne nous attend pas. En revanche, nous avons des compétences et des qualités intrinsèques qu'il ne maîtrise absolument pas. Ce sont nos atouts.

Jean-François DOMELA

agent général AXA prévoyance & patrimoine
AXA France

Parlez-nous de votre parcours militaire :

J'ai eu une carrière militaire essentiellement dans les opérations navales puis les relations internationales.

Comment s'est déroulée votre transition?​

1. Recensement et développement de mes réseaux. Indispensable
2. Bilan de compétences.
3. Ateliers thématiques (CV, réseau sociaux, droit du travail, rémunération, entretiens d'embauche, …). Indispensable
4. Candidatures spontanées et culture du réseaux. Indispensable
5. Contact final et recrutement. Evidemment indispensable

Quels sont vos conseils pour les candidats ?

Il faut absolument se connecter à des sources d'informations variées. Ce sont elles qui provoquent les rencontres qui font aboutir un projet de reconversion.

Philippe VUYLSTEKE

Eleveur
La ferme des chevaliers noirs

Parlez-nous de votre parcours militaire :

entré par l'ENSOA en 1988 j'ai intégré l'EMIA en 1993 et rejoins plus tard le 31RG comme DRH. J'ai quitté l'institution en 02/2020, travaillé comme porcher en CDI jusqu'en 08/2021 pour créer notre entreprise agricole avec mon épouse en 10/2021 La ferme des chevaliers gascons, élevage bio 100% plein de cochons gascons pure race

Comment s'est déroulée votre transition?​

Une fois la décision prise, j'ai pris une année de préparation (2018) accompagné par défense mobilité, indispensable à la maturité du choix que l'on fait et à la réflexion du projet (même s'il est déjà clair dans votre tête) pour aboutir à un CCRE d'un an (2019) qui m'a permis de me former et de décrocher un CDI (2020), le temps (2019-2021) d'obtenir les fonds (vente de la maison) pour acheter la ferme.

Quels sont vos conseils pour les candidats ?

Un projet se murit, il faut donc du temps : Anticipation
Un plan ne se déroule jamais comme prévu, il faut utiliser le temps que l'on croit perdu pour continuer à se former : Persévérance
Il faut croire en ce que l'on fait, aller au bout de ses rêves : Confiance
L'inactivité tue : Action

Etienne ESCUDIER

secrétaire général
Fédération nationale des Communes forestières

Parlez-nous de votre parcours militaire :

1984-1989:Chef de peloton de reconnaissance au 3ème Régiment de Hussards en République Fédérale d'Allemagne: contexte de guerre froide, confirmation de mon engagement personnel, décision de préparer le concours d'entrée à l'Ecole militaire Interarmes.
2015-2019: conseiller technique du ministre de la Défense du Cameroun. Etre sur le bon tempo politique du ministre pour avancer une proposition et obtenir son accord.
Depuis février 2021, j'occupe la fonction de SG d'un syndicat d'élus. La fédération représente devant l'Etat, la filière économique (472 000 emplois directs et indirects) et les associations concernées (chasse, environnement...) les 14 000 collectivités territoriales propriétaires de forêt.
Ma mission: structurer et contribuer à la préparation de l'avenir de la Fédération.

Comment s'est déroulée votre transition?​

Sidération: je pars et je ne sais rien faire (humilité mal placée)
Prise de conscience: C'est un combat solitaire et personne ne m'attend mais j'ai un réseau et je ne sais pas l'utiliser.
Apprentissage des techniques et codes de 'bonne conduite'.
Se lancer: premier rendez-vous, premier ratage, analyse après action.
Enchaîner les rendez-vous: conforter sa démarche; qui je suis , ce que veux et ce que je ne veux pas.
La très grosse déception: 3 mois de processus de sélection, un dernier tour de table avec le CODIR (4 heures). fin octobre 2020: Attente, silence et finalement rien.
Ne rien lâcher: se relancer. Décembre 2020 le bon contact.

Quels sont vos conseils pour les candidats ?

Continuez le sport pour ceux qui le peuvent.
Introspection: ce que je veux, ce que je ne veux surtout pas.
Votre réseau personnel est riche de ses ramifications.
Préparation mentale: ....'je suis content de vous rencontrer'.
Mon conseiller m'écoute, je dois apprendre à l'écouter.

Jean-Claude ROUX

chef de projet accompagnement d’entreprises innovantes
Orléans Val de Loire Technopole

Parlez-nous de votre parcours militaire :

Commissaire en chef de 1ère classe , pouvoir adjudicateur des marches de soutien de la région Centre.
Représentant de la France auprès de l'organisme de financement des opérations militaires de l' Union Européenne.
Chef de projet au sein d'OVLT, j'accompagne de jeunes entreprises innovantes à finaliser leurs offres et à trouver des débouchés pour leur solution (thème ; silver éco et handicap).

Comment s'est déroulée votre transition?​

j'ai préparé pendant plus d'une année un projet visant à m'associer dans une Sté qui faisait de l' aide à la gestion de TPE.
Tous les feux étaient au vert, jusqu'à ce que après 3 mois de fonctionnement, mon associé fasse défaut. Du réseau que j'avais initié, j'ai rencontré mon actuel employeur.
Etapes indispensables : une excellente préparation du projet. Une qualité d'adaptation qui est aussi exigeante que celle demandée ds l'environnement militaire.

Quels sont vos conseils pour les candidats ?

L'unique salut demeure le réseau.
tenter une reconversion dans une région où on a aucune connaissance est un sérieux risque d'échec.
Toujours préparer un plan B.
Conserver un lien privilégié avec un mentor, pour avoir un appui psychologique en cas de besoin.

Patrick Rivière

Directeur de site Facility Manager
SODEXO Entreprises

Parlez-nous de votre parcours militaire :

Management des opérations aéromaritime et de la formation des équipages et expérience à l'international
Directeur du centre d'entrainement à la survie et au sauvetage, management de la formation et du site (gestion du projet de rénovation des équipements et d'un navire d'entrainement à l'hélitreuillage)
Conseil et expertise auprès de société sur des réponses à appel d'offre.
Directeur de site Facility Management (Services aux entreprises et maintenance tertiaire) – Poste Actuel

Comment s'est déroulée votre transition?​

Environnement professionnel français où il est encore difficile d'être reconnu sans diplôme. Hors si l'armée forme bien ses cadres et que certaines formations sont de haut niveau, elle n'offrent pas d’équivalence directe.
J'ai donc passé un certificat d'ingénieur professionnel afin de pouvoir mettre un titre reconnu sur mes compétences acquises (IPF)

Quels sont vos conseils pour les candidats ?

Patience et persévérance et ne pas hésiter à explorer toutes les secteurs d'emploi.

Alain JOLIY

Panel Executive Officer
NATO STO Collaboration Support Office (CSO)

Parlez-nous de votre parcours militaire :

Mon parcours professionnel s'articule en deux étapes thématiques majeures:
- une carrière administrateur depuis la fonction de rédacteur jusqu'à celles
de DAF, de directeur général de services et de secrétaire général,
- une carrière à l'international tant en France qu'à l'étranger au sein du ministère des armées et celui des affaires étrangères ainsi qu'au sein d'une organisation internationale (OTAN)

Comment s'est déroulée votre transition?​

J'ai considéré ma transition comme une évolution et une opportunité. J'ai identifié et construit mon projet professionnel en cohérence avec mon parcours professionnel et ma personnalité.

Quels sont vos conseils pour les candidats ?

S'engager pleinement et sincèrement dans sa démarche de reconversion: se rendre disponible et s'y investir.

Thierry Baronnet

Directeur opérationnel du campus des métiers et des qualifications d’excellence de l’aéronautique de la région Grand Est
Rectorat de l’académie de Nancy-Metz

Parlez-nous de votre parcours militaire :

Entrée en service en 1986 à l'école de l'air. Première partie de carrière opérationnelle comme pilote de chasse à Dijon sur M2000. Puis poste de commandement d'unité opérationnelle (54ème escadre de renseignement air à Metz) après l'école de guerre. Puis postes à responsabilité ou en gestion de projets complexes en états majors : CFA Metz et Dijon, EMAA et EMA à Paris, OTAN à Brunssum aux Pays Bas et à Mons en Belgique.
Le poste actuel dans le campus aéro a vocation à assurer le lien entre le secteur de l'emploi et celui de la formation pour la filière aéronautique.

Comment s'est déroulée votre transition?​

La transition est encore en cours car je suis en poste depuis une semaine seulement. Toutefois, l'intégration et l'accueil ont été excellents et ce poste me permet d'allier deux de mes passions : l'aéronautique et la formation (par la transmission du savoir).

Quels sont vos conseils pour les candidats ?

Tout ce qui a été évoqué par la MRO, à savoir lors de l'information initiale et ensuite par ma coach, s'est vérifié par la suite, notamment les périodes d'enthousiasme suivies de périodes de doute, les pertes de motivation, les espoirs et les déceptions... Mon conseil est donc de faire parfaitement confiance à la MRO car c'est une structure performante qui a fait ses preuves et qui est composée de professionnels compétents et bienveillants. Cela dit, la MRO n'est qu'une aide, certes précieuse, mais il faut se donner les moyens de réussir sa reconversion, en s'impliquant, en restant régulièrement au contact de la MRO et en suivant ses conseils et recommandations. C'est au bout du tunnel que jaillit la lumière. Et j'ajouterai enfin qu'il faut croire en son destin !

Emmanuel SCHMITT

Architecte
Thales SIX

Parlez-nous de votre parcours militaire :

J'étais pilote militaire puis chef de projet au centre d'expertise aéronautique militaire, enfin responsable programme pendant 5 années.

Comment s'est déroulée votre transition?​

Il est important de travailler sa méthodologie pour optimiser les ressources offertes par le réseau, savoir se présenter et comprendre le milieu de l'entreprise.
Toutefois il est important de rester patient et ne pas se décourager, le processus peut être long.

Quels sont vos conseils pour les candidats ?

Réfléchir constamment à comment traduire son expérience militaire en quelque chose de compréhensible et significatif pour le monde de l'entreprise, rester patient et positif.

William Revert

Responsable administration du personnel
Mairie de Clamart

Parlez-nous de votre parcours militaire :

Officier sous contrat spécialiste RH, j'ai principalement occupé des fonctions de responsable RH en régiment (1er RI), et d'adjoint DRH.
J'ai été recruté pour occuper la fonction de responsable de l'administration du personnel de la Mairie de Clamart (gestion de la paie, et des carrières individuelles, évaluation et avancement, pilotage RH).

Comment s'est déroulée votre transition?​

Je suis aujourd’hui responsable des activités sites sur le chantier de l’EPR (Réacteur pressurisé européen) de Flamanville au profit de la société Assystem.

A ce titre, je dirige 140 collaborateurs dont 20 managers, chargés d’appuyer EDF dans le cadre des travaux de construction de cette centrale. Mes équipes sont réparties en trois pôles : ingénierie, construction et essais. Leur physionomie est caractéristique d’un grand chantier : autant d’ingénieurs que de techniciens, une moyenne d’âge de 37 ans avec de jeunes diplômés accompagnés de personnes plus expérimentées, une forte culture « terrain » et une volonté sans faille de mener à bien ce projet riche en défis. Les deux années devant nous sont en effet clés pour réussir à finaliser ce projet et charger la centrale d’ici à fin 2022.

Mon rôle correspond beaucoup à celui d’un directeur d’unité au sein du ministère : je gère les ressources humaines de l’unité (recrutement, avancement, montée en compétences, départ…), le budget dédié au projet (à la différence près que j’ai une forte responsabilité commerciale !) ainsi que les moyens dédiés (logistiques, informatiques…). La plus grosse différence que je peux constater par rapport à mes anciennes fonctions est la nécessité de développer et d’entretenir une relation client forte, reposant sur la confiance et le respect mutuel, pour pouvoir lui proposer des solutions pragmatiques, utiles et réalisables. A ce titre la formation d’officier supérieur (et notamment les formations du DEM - Diplôme d’état-major - et de l’école de Guerre) s’avère très précieuse et facilement transposable, notamment l’utilisation de la MEDO (« Méthode d’élaboration d’une décision opérationnelle ») !

Quels sont vos conseils pour les candidats ?

Prendre contact avec la MRO deux ans avant la RDC pour préparer au mieux le parcours de reconversion. Certaines décisions nécessitent de prendre du temps de réflexion.
Définir un ou deux souhaits professionnels et prendre contact avec des acteurs du secteur pour confirmer ou infirmer ses choix. Savoir se remettre en question, et remettre en question son projet.
Bien étudier les offres d'emploi et niveau de salaire offerts dans le civil pour apprendre à se situer et viser juste.

Hugues Helie

Responsable du site de Flamanville
ASSYSTEM

Parlez-nous de votre parcours militaire :

Le dernier poste que je tenais au sein du ministère des Armées était responsable de la conduite des opérations pour le quart nord-ouest de la France. Sur ce poste très opérationnel, j’ai eu notamment la responsabilité de diriger les militaires déployés sur l’opération de lutte anti-terroriste SENTINELLE, de planifier et conduire les opérations de sécurisation du 75ème DDAY pour terminer, en 2020, par le déploiement de l’opération Résilience dans le cadre de la lutte contre la COVID-19. Auparavant, j’ai servi en unités opérationnelles en tant que chef de section, commandant d’unité puis chef du BOI (Bureau Opérations et Instruction) mais aussi en état-major.

Après 20 ans de carrière, j’ai choisi de me lancer dans une phase de transition professionnelle car je jugeais que c’était la bonne période et que je souhaitais poursuivre une carrière opérationnelle plutôt que de continuer à évoluer en état-major.

Comment s'est déroulée votre transition?​

Je suis aujourd’hui responsable des activités sites sur le chantier de l’EPR (Réacteur pressurisé européen) de Flamanville au profit de la société Assystem.

A ce titre, je dirige 140 collaborateurs dont 20 managers, chargés d’appuyer EDF dans le cadre des travaux de construction de cette centrale. Mes équipes sont réparties en trois pôles : ingénierie, construction et essais. Leur physionomie est caractéristique d’un grand chantier : autant d’ingénieurs que de techniciens, une moyenne d’âge de 37 ans avec de jeunes diplômés accompagnés de personnes plus expérimentées, une forte culture « terrain » et une volonté sans faille de mener à bien ce projet riche en défis. Les deux années devant nous sont en effet clés pour réussir à finaliser ce projet et charger la centrale d’ici à fin 2022.

Mon rôle correspond beaucoup à celui d’un directeur d’unité au sein du ministère : je gère les ressources humaines de l’unité (recrutement, avancement, montée en compétences, départ…), le budget dédié au projet (à la différence près que j’ai une forte responsabilité commerciale !) ainsi que les moyens dédiés (logistiques, informatiques…). La plus grosse différence que je peux constater par rapport à mes anciennes fonctions est la nécessité de développer et d’entretenir une relation client forte, reposant sur la confiance et le respect mutuel, pour pouvoir lui proposer des solutions pragmatiques, utiles et réalisables. A ce titre la formation d’officier supérieur (et notamment les formations du DEM - Diplôme d’état-major - et de l’école de Guerre) s’avère très précieuse et facilement transposable, notamment l’utilisation de la MEDO (« Méthode d’élaboration d’une décision opérationnelle ») !

Quels sont vos conseils pour les candidats ?

Le premier temps fort est le moment du choix personnel de s’engager dans cette voie : décision pas forcément simple à prendre, et choix parfois pas facile à assumer, face aux réticences de proches, de collègues voire de chefs.

Une fois la décision prise, finalement le parallèle avec la conduite d’une opération est facile à réaliser :

Une planification solide (dans mon cas 4 mois pour dessiner mon projet et déterminer ce que je souhaitais faire, 2 mois pour solliciter mon réseau afin d’obtenir des entretiens et 3 mois pour déboucher sur 3 opportunités solides et intéressantes)
Une recherche du « renseignement » permanente (via les entretiens réseaux notamment mais aussi via des lectures ou des recherches ciblées)
Un choix in fine à réaliser entre 3 propositions, en comparant avantages / inconvénients / risques.
L’appui de la MRO dans ce processus a été en tout point pertinent : depuis des formations techniques, des conseils à la détermination de mon projet professionnel, chaque étape s’est avérée utile et perspicace et m’a bien préparé à la transition qui s’est finalement conduite en douceur.

Si j’avais deux conseils à donner :

Conduire sa transition professionnelle doit se faire en dialogue constant avec sa RH d’armée pour se coordonner au mieux sur une date de départ, qui convienne à la fois à l’institution et au besoin de votre futur employeur. A ce titre la DRHAT m’a, malgré une situation complexe, particulièrement bien aidé, je les en remercie.
Planifier. La force des militaires réside dans notre capacité à voir loin et à anticiper. Cela s’applique aussi bien aux opérations qu’à la gestion de sa carrière professionnelle.