Témoignages 2

Thierry Baronnet

Rectorat de l'académie de Nancy-Metz – Directeur opérationnel du campus des métiers et des qualifications d'excellence de l'aéronautique de la région Grand Est

Parlez-nous de votre parcours militaire :

Entrée en service en 1986 à l'école de l'air. Première partie de carrière opérationnelle comme pilote de chasse à Dijon sur M2000. Puis poste de commandement d'unité opérationnelle (54ème escadre de renseignement air à Metz) après l'école de guerre. Puis postes à responsabilité ou en gestion de projets complexes en états majors : CFA Metz et Dijon, EMAA et EMA à Paris, OTAN à Brunssum aux Pays Bas et à Mons en Belgique.
Le poste actuel dans le campus aéro a vocation à assurer le lien entre le secteur de l'emploi et celui de la formation pour la filière aéronautique.

 

Quel poste occupez-vous aujourd’hui ?

La transition est encore en cours car je suis en poste depuis une semaine seulement. Toutefois, l'intégration et l'accueil ont été excellents et ce poste me permet d'allier deux de mes passions : l'aéronautique et la formation (par la transmission du savoir).

 

Quels sont vos conseils pour les candidats ?

Tout ce qui a été évoqué par la MRO, à savoir lors de l'information initiale et ensuite par ma coach, s'est vérifié par la suite, notamment les périodes d'enthousiasme suivies de périodes de doute, les pertes de motivation, les espoirs et les déceptions... Mon conseil est donc de faire parfaitement confiance à la MRO car c'est une structure performante qui a fait ses preuves et qui est composée de professionnels compétents et bienveillants. Cela dit, la MRO n'est qu'une aide, certes précieuse, mais il faut se donner les moyens de réussir sa reconversion, en s'impliquant, en restant régulièrement au contact de la MRO et en suivant ses conseils et recommandations. C'est au bout du tunnel que jaillit la lumière. Et j'ajouterai enfin qu'il faut croire en son destin !

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William Revert

Mairie de Clamart – Responsable administration du personnel

Parlez-nous de votre parcours militaire :

Officier sous contrat spécialiste RH, j'ai principalement occupé des fonctions de responsable RH en régiment (1er RI), et d'adjoint DRH.
J'ai été recruté pour occuper la fonction de responsable de l'administration du personnel de la Mairie de Clamart (gestion de la paie, et des carrières individuelles, évaluation et avancement, pilotage RH).

 

Quel poste occupez-vous aujourd’hui ?

Effectuant une transition rapide, j'ai postulé pour un poste qui correspond globalement à mon expérience de gestionnaire RH au sein des armées.
Toutefois la connaissance du statut de la fonction territoriale va nécessiter un effort de formation personnel.
C'est l'habitude du travail collectif, de la prise d'initiative, et la capacité à mobiliser et contrôler le travail d'une équipe qui a convaincu l'employeur.

 

Quels sont vos conseils pour les candidats ?

Prendre contact avec la MRO deux ans avant la RDC pour préparer au mieux le parcours de reconversion. Certaines décisions nécessitent de prendre du temps de réflexion.
Définir un ou deux souhaits professionnels et prendre contact avec des acteurs du secteur pour confirmer ou infirmer ses choix. Savoir se remettre en question, et remettre en question son projet.
Bien étudier les offres d'emploi et niveau de salaire offerts dans le civil pour apprendre à se situer et viser juste.

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Hugues Helie

ASSYSTEM – Responsable du site de Flamanville

Parlez-nous de votre parcours militaire :

Le dernier poste que je tenais au sein du ministère des Armées était responsable de la conduite des opérations pour le quart nord-ouest de la France. Sur ce poste très opérationnel, j’ai eu notamment la responsabilité de diriger les militaires déployés sur l’opération de lutte anti-terroriste SENTINELLE, de planifier et conduire les opérations de sécurisation du 75ème DDAY pour terminer, en 2020, par le déploiement de l’opération Résilience dans le cadre de la lutte contre la COVID-19. Auparavant, j’ai servi en unités opérationnelles en tant que chef de section, commandant d’unité puis chef du BOI (Bureau Opérations et Instruction) mais aussi en état-major.

Après 20 ans de carrière, j’ai choisi de me lancer dans une phase de transition professionnelle car je jugeais que c’était la bonne période et que je souhaitais poursuivre une carrière opérationnelle plutôt que de continuer à évoluer en état-major.

 

Quel poste occupez-vous aujourd’hui ?

Je suis aujourd’hui responsable des activités sites sur le chantier de l’EPR (Réacteur pressurisé européen) de Flamanville au profit de la société Assystem.

A ce titre, je dirige 140 collaborateurs dont 20 managers, chargés d’appuyer EDF dans le cadre des travaux de construction de cette centrale. Mes équipes sont réparties en trois pôles : ingénierie, construction et essais. Leur physionomie est caractéristique d’un grand chantier : autant d’ingénieurs que de techniciens, une moyenne d’âge de 37 ans avec de jeunes diplômés accompagnés de personnes plus expérimentées, une forte culture « terrain » et une volonté sans faille de mener à bien ce projet riche en défis. Les deux années devant nous sont en effet clés pour réussir à finaliser ce projet et charger la centrale d’ici à fin 2022.

Mon rôle correspond beaucoup à celui d’un directeur d’unité au sein du ministère : je gère les ressources humaines de l’unité (recrutement, avancement, montée en compétences, départ…), le budget dédié au projet (à la différence près que j’ai une forte responsabilité commerciale !) ainsi que les moyens dédiés (logistiques, informatiques…). La plus grosse différence que je peux constater par rapport à mes anciennes fonctions est la nécessité de développer et d’entretenir une relation client forte, reposant sur la confiance et le respect mutuel, pour pouvoir lui proposer des solutions pragmatiques, utiles et réalisables. A ce titre la formation d’officier supérieur (et notamment les formations du DEM - Diplôme d’état-major - et de l’école de Guerre) s’avère très précieuse et facilement transposable, notamment l’utilisation de la MEDO (« Méthode d’élaboration d’une décision opérationnelle ») !

 

Quels sont vos conseils pour les candidats ?

Le premier temps fort est le moment du choix personnel de s’engager dans cette voie : décision pas forcément simple à prendre, et choix parfois pas facile à assumer, face aux réticences de proches, de collègues voire de chefs.

Une fois la décision prise, finalement le parallèle avec la conduite d’une opération est facile à réaliser :

Une planification solide (dans mon cas 4 mois pour dessiner mon projet et déterminer ce que je souhaitais faire, 2 mois pour solliciter mon réseau afin d’obtenir des entretiens et 3 mois pour déboucher sur 3 opportunités solides et intéressantes)
Une recherche du « renseignement » permanente (via les entretiens réseaux notamment mais aussi via des lectures ou des recherches ciblées)
Un choix in fine à réaliser entre 3 propositions, en comparant avantages / inconvénients / risques.
L’appui de la MRO dans ce processus a été en tout point pertinent : depuis des formations techniques, des conseils à la détermination de mon projet professionnel, chaque étape s’est avérée utile et perspicace et m’a bien préparé à la transition qui s’est finalement conduite en douceur.

Si j’avais deux conseils à donner :

Conduire sa transition professionnelle doit se faire en dialogue constant avec sa RH d’armée pour se coordonner au mieux sur une date de départ, qui convienne à la fois à l’institution et au besoin de votre futur employeur. A ce titre la DRHAT m’a, malgré une situation complexe, particulièrement bien aidé, je les en remercie.
Planifier. La force des militaires réside dans notre capacité à voir loin et à anticiper. Cela s’applique aussi bien aux opérations qu’à la gestion de sa carrière professionnelle.