Témoignages

ETIENNE ESCUDIER

Fédération nationale des Communes forestières – secrétaire général

Parlez-nous de votre parcours militaire :

1984-1989:Chef de peloton de reconnaissance au 3ème Régiment de Hussards en République Fédérale d'Allemagne: contexte de guerre froide, confirmation de mon engagement personnel, décision de préparer le concours d'entrée à l'Ecole militaire Interarmes.
2015-2019: conseiller technique du ministre de la Défense du Cameroun. Etre sur le bon tempo politique du ministre pour avancer une proposition et obtenir son accord.
Depuis février 2021, j'occupe la fonction de SG d'un syndicat d'élus. La fédération représente devant l'Etat, la filière économique (472 000 emplois directs et indirects) et les associations concernées (chasse, environnement...) les 14 000 collectivités territoriales propriétaires de forêt.
Ma mission: structurer et contribuer à la préparation de l'avenir de la Fédération.

 

Quel poste occupez-vous aujourd’hui ?

Sidération: je pars et je ne sais rien faire (humilité mal placée)
Prise de conscience: C'est un combat solitaire et personne ne m'attends mais j'ai un réseau et je ne sais pas l'utiliser.
Apprentissage des techniques et codes de 'bonne conduite'.
Se lancer: premier rendez-vous, premier ratage, analyse après action.
Enchaîner les rendez-vous: conforter sa démarche; qui je suis , ce que veux et ce que je ne veux pas.
La très grosse déception: 3 mois de processus de sélection, un dernier tour de table avec le CODIR (4 heures). fin octobre 2020: Attente, silence et finalement rien.
Ne rien lâcher: se relancer. Décembre 2020 le bon contact.

 

Quels sont vos conseils pour les candidats ?

Continuez le sport pour ceux qui le peuvent.
Introspection: ce que je veux, ce que je ne veux surtout pas.
Votre réseau personnel est riche de ses ramifications.
Préparation mentale: ....'je suis content de vous rencontrer'.
Mon conseiller m'écoute, je dois apprendre à l'écouter.

 

***

 

Jean-Claude ROUX

Orléans Val de Loire Technopole – chef de projet accompagnement d'entreprises innovantes

Parlez-nous de votre parcours militaire :

Commissaire en chef de 1ère classe , pouvoir adjudicateur des marches de soutien de la région Centre.
Représentant de la France auprès de l'organisme de financement des opérations militaires de l' Union Européenne.
Chef de projet au sein d'OVLT, j'accompagne de jeunes entreprises innovantes à finaliser leurs offres et à trouver des débouchés pour leur solution (thème ; silver éco et handicap).

 

Quel poste occupez-vous aujourd’hui ?

j'ai préparé pendant plus d'une année un projet visant à m'associer dans une Sté qui faisait de l' aide à la gestion de TPE.
Tous les feux étaient au vert, jusqu'à ce que après 3 mois de fonctionnement, mon associé fasse défaut. Du réseau que j'avais initié, j'ai rencontré mon actuel employeur.
Etapes indispensables : une excellente préparation du projet. Une qualité d'adaptation qui est aussi exigeante que celle demandée ds l'environnement militaire.

 

Quels sont vos conseils pour les candidats ?

L'unique salut demeure le réseau.
tenter une reconversion dans une région où on a aucune connaissance est un sérieux risque d'échec.
Toujours préparer un plan B.
Conserver un lien privilégié avec un mentor, pour avoir un appui psychologique en cas de besoin.

 

***

 

Alain JOLIY

NATO STO Collaboration Support Office (CSO) – Panel Executive Officer

Parlez-nous de votre parcours militaire :

Mon parcours professionnel s'articule en deux étapes thématiques majeures:
- une carrière administrateur depuis la fonction de rédacteur jusqu'à celles
de DAF, de directeur général de services et de secrétaire général,
- une carrière à l'international tant en France qu'à l'étranger au sein du ministère des armées et celui des affaires étrangères ainsi qu'au sein d'une organisation internationale (OTAN)

 

Quel poste occupez-vous aujourd’hui ?

J'ai considéré ma transition comme une évolution et une opportunité. J'ai identifié et construit mon projet professionnel en cohérence avec mon parcours professionnel et ma personnalité.

 

Quels sont vos conseils pour les candidats ?

S'engager pleinement et sincèrement dans sa démarche de reconversion: se rendre disponible et s'y investir.

 

***

 

Thierry Baronnet

Rectorat de l'académie de Nancy-Metz – Directeur opérationnel du campus des métiers et des qualifications d'excellence de l'aéronautique de la région Grand Est

Parlez-nous de votre parcours militaire :

Entrée en service en 1986 à l'école de l'air. Première partie de carrière opérationnelle comme pilote de chasse à Dijon sur M2000. Puis poste de commandement d'unité opérationnelle (54ème escadre de renseignement air à Metz) après l'école de guerre. Puis postes à responsabilité ou en gestion de projets complexes en états majors : CFA Metz et Dijon, EMAA et EMA à Paris, OTAN à Brunssum aux Pays Bas et à Mons en Belgique.
Le poste actuel dans le campus aéro a vocation à assurer le lien entre le secteur de l'emploi et celui de la formation pour la filière aéronautique.

 

Quel poste occupez-vous aujourd’hui ?

La transition est encore en cours car je suis en poste depuis une semaine seulement. Toutefois, l'intégration et l'accueil ont été excellents et ce poste me permet d'allier deux de mes passions : l'aéronautique et la formation (par la transmission du savoir).

 

Quels sont vos conseils pour les candidats ?

Tout ce qui a été évoqué par la MRO, à savoir lors de l'information initiale et ensuite par ma coach, s'est vérifié par la suite, notamment les périodes d'enthousiasme suivies de périodes de doute, les pertes de motivation, les espoirs et les déceptions... Mon conseil est donc de faire parfaitement confiance à la MRO car c'est une structure performante qui a fait ses preuves et qui est composée de professionnels compétents et bienveillants. Cela dit, la MRO n'est qu'une aide, certes précieuse, mais il faut se donner les moyens de réussir sa reconversion, en s'impliquant, en restant régulièrement au contact de la MRO et en suivant ses conseils et recommandations. C'est au bout du tunnel que jaillit la lumière. Et j'ajouterai enfin qu'il faut croire en son destin !

 

***

 

Emmanuel SCHMITT

Thales SIX – Architecte

Parlez-nous de votre parcours militaire :

J'étais pilote militaire puis chef de projet au centre d'expertise aéronautique militaire, enfin responsable programme pendant 5 années.

 

Quel poste occupez-vous aujourd’hui ?

Il est important de travailler sa méthodologie pour optimiser les ressources offertes par le réseau, savoir se présenter et comprendre le milieu de l'entreprise.
Toutefois il est important de rester patient et ne pas se décourager, le processus peut être long.

 

Quels sont vos conseils pour les candidats ?

Réfléchir constamment à comment traduire son expérience militaire en quelque chose de compréhensible et significatif pour le monde de l'entreprise, rester patient et positif.

 

***

 

William Revert

Mairie de Clamart – Responsable administration du personnel

Parlez-nous de votre parcours militaire :

Officier sous contrat spécialiste RH, j'ai principalement occupé des fonctions de responsable RH en régiment (1er RI), et d'adjoint DRH.
J'ai été recruté pour occuper la fonction de responsable de l'administration du personnel de la Mairie de Clamart (gestion de la paie, et des carrières individuelles, évaluation et avancement, pilotage RH).

 

Quel poste occupez-vous aujourd’hui ?

Effectuant une transition rapide, j'ai postulé pour un poste qui correspond globalement à mon expérience de gestionnaire RH au sein des armées.
Toutefois la connaissance du statut de la fonction territoriale va nécessiter un effort de formation personnel.
C'est l'habitude du travail collectif, de la prise d'initiative, et la capacité à mobiliser et contrôler le travail d'une équipe qui a convaincu l'employeur.

 

Quels sont vos conseils pour les candidats ?

Prendre contact avec la MRO deux ans avant la RDC pour préparer au mieux le parcours de reconversion. Certaines décisions nécessitent de prendre du temps de réflexion.
Définir un ou deux souhaits professionnels et prendre contact avec des acteurs du secteur pour confirmer ou infirmer ses choix. Savoir se remettre en question, et remettre en question son projet.
Bien étudier les offres d'emploi et niveau de salaire offerts dans le civil pour apprendre à se situer et viser juste.

 

***

 

Hugues Helie

ASSYSTEM – Responsable du site de Flamanville

Parlez-nous de votre parcours militaire :

Le dernier poste que je tenais au sein du ministère des Armées était responsable de la conduite des opérations pour le quart nord-ouest de la France. Sur ce poste très opérationnel, j’ai eu notamment la responsabilité de diriger les militaires déployés sur l’opération de lutte anti-terroriste SENTINELLE, de planifier et conduire les opérations de sécurisation du 75ème DDAY pour terminer, en 2020, par le déploiement de l’opération Résilience dans le cadre de la lutte contre la COVID-19. Auparavant, j’ai servi en unités opérationnelles en tant que chef de section, commandant d’unité puis chef du BOI (Bureau Opérations et Instruction) mais aussi en état-major.

Après 20 ans de carrière, j’ai choisi de me lancer dans une phase de transition professionnelle car je jugeais que c’était la bonne période et que je souhaitais poursuivre une carrière opérationnelle plutôt que de continuer à évoluer en état-major.

 

Quel poste occupez-vous aujourd’hui ?

Je suis aujourd’hui responsable des activités sites sur le chantier de l’EPR (Réacteur pressurisé européen) de Flamanville au profit de la société Assystem.

A ce titre, je dirige 140 collaborateurs dont 20 managers, chargés d’appuyer EDF dans le cadre des travaux de construction de cette centrale. Mes équipes sont réparties en trois pôles : ingénierie, construction et essais. Leur physionomie est caractéristique d’un grand chantier : autant d’ingénieurs que de techniciens, une moyenne d’âge de 37 ans avec de jeunes diplômés accompagnés de personnes plus expérimentées, une forte culture « terrain » et une volonté sans faille de mener à bien ce projet riche en défis. Les deux années devant nous sont en effet clés pour réussir à finaliser ce projet et charger la centrale d’ici à fin 2022.

Mon rôle correspond beaucoup à celui d’un directeur d’unité au sein du ministère : je gère les ressources humaines de l’unité (recrutement, avancement, montée en compétences, départ…), le budget dédié au projet (à la différence près que j’ai une forte responsabilité commerciale !) ainsi que les moyens dédiés (logistiques, informatiques…). La plus grosse différence que je peux constater par rapport à mes anciennes fonctions est la nécessité de développer et d’entretenir une relation client forte, reposant sur la confiance et le respect mutuel, pour pouvoir lui proposer des solutions pragmatiques, utiles et réalisables. A ce titre la formation d’officier supérieur (et notamment les formations du DEM - Diplôme d’état-major - et de l’école de Guerre) s’avère très précieuse et facilement transposable, notamment l’utilisation de la MEDO (« Méthode d’élaboration d’une décision opérationnelle ») !

 

Quels sont vos conseils pour les candidats ?

Le premier temps fort est le moment du choix personnel de s’engager dans cette voie : décision pas forcément simple à prendre, et choix parfois pas facile à assumer, face aux réticences de proches, de collègues voire de chefs.

Une fois la décision prise, finalement le parallèle avec la conduite d’une opération est facile à réaliser :

Une planification solide (dans mon cas 4 mois pour dessiner mon projet et déterminer ce que je souhaitais faire, 2 mois pour solliciter mon réseau afin d’obtenir des entretiens et 3 mois pour déboucher sur 3 opportunités solides et intéressantes)
Une recherche du « renseignement » permanente (via les entretiens réseaux notamment mais aussi via des lectures ou des recherches ciblées)
Un choix in fine à réaliser entre 3 propositions, en comparant avantages / inconvénients / risques.
L’appui de la MRO dans ce processus a été en tout point pertinent : depuis des formations techniques, des conseils à la détermination de mon projet professionnel, chaque étape s’est avérée utile et perspicace et m’a bien préparé à la transition qui s’est finalement conduite en douceur.

Si j’avais deux conseils à donner :

Conduire sa transition professionnelle doit se faire en dialogue constant avec sa RH d’armée pour se coordonner au mieux sur une date de départ, qui convienne à la fois à l’institution et au besoin de votre futur employeur. A ce titre la DRHAT m’a, malgré une situation complexe, particulièrement bien aidé, je les en remercie.
Planifier. La force des militaires réside dans notre capacité à voir loin et à anticiper. Cela s’applique aussi bien aux opérations qu’à la gestion de sa carrière professionnelle.